L'infantilisation en psychiatrie et l'arnaque des structures dites "ouvertes"

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L'infantilisation en psychiatrie et l'arnaque des structures dites "ouvertes"

Message par Yahirm le Dim 28 Avr - 22:28

ça fait bien 8 ans que je navigue en psychiatrie de structure en structure. Je n'ai fait que les structures dites "ouvertes" (hopitaux de jours, foyers, clinique, appart thérapeutiques) et j'en suis un peu revenu. Ce qui est drôle avec ce genre d'établissement, c'est qu'en plus de prétendre nous soigner, ils prétendent aussi nous rendre autonomes (la blague). Bien sûr, les moyens pour y parvenir sont ridicules et les bien règles trop restrictives pour y parvenir. En ce moment, je suis en appartement/résidence thérapeutique et je dois prévenir quand je sors, sous peine d'être coincé dehors si rentré trop tard ( ça m'est déjà arrivé, les infirmiers/éducateurs verrouillent automatiquement la porte à 23 h (parfois même avant) et ça peut donc m'arriver aussi malgré le fait que j'ai prévenu.
Y a des choix bizarres des fois et je soupçonne franchement que certains actes soient des sanctions qui ne disent pas leurs noms.
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Re: L'infantilisation en psychiatrie et l'arnaque des structures dites "ouvertes"

Message par Lady Dylan le Lun 29 Avr - 0:18

Ça me rappelle l'hôpital psy pour adolescents où on était obligés de prendre la douche et se mettre en pyjama à 18h - ce qui faisait qu'on passait la soirée en pyjama tous ensemble mais c'était pas exactement aussi cool qu'une soirée pyjama. C'était un peu que dalle et en même temps ça avait un peu entamé ma dignité d'ado et j'imagine que ça peut se rattacher à "l'infantilisation". Bien sûr j'imagine qu'ils auraient un tas de bonnes raisons comme le fait qu'il s'agit de mineurs et qui plus est de malades mentaux (j'étais la seule dépressive, la plupart des autres avaient des troubles psychiatriques importants et agissaient davantage comme des enfants que comme des ados) mais je me demande si on ne peut pas appeler ça respectivement de l'âgisme et du validisme.
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Message par Biaise le Lun 29 Avr - 10:11

Imposer des règles, bien qu’absurdes, est aussi un moyen d’asseoir son autorité.
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Message par Dix de Trèfle le Mar 30 Avr - 9:06

J'ai évité l'hôpital psy (on m'a laissé le choix). Il faut dire que l'on m'a présenté ça comme une sanction.
Celui que j'ai visité m'a fait assez peur au niveau de ses restrictions. Mais je ne sais plus en quoi cela consistait. C'est une impression diffuse qui demeure.
Toujours est-il que le présenter comme une sanction n'était pas d'une grande aide (parce qu'on joue avec la peur et si j'y étais entrée, cela ne m'aurait pas aidée à accepter un traitement).
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Message par Red le Mer 1 Mai - 22:41

Dans ma fac (Versailles-Saint-Quentin pour ceux que ça intéresse), ma psychologue pratique la psychanalyse. Elle est vraiment gentille et à l'écoute. après j'ai pas de Gros Problème, peut-être que si elle sentait que ça la dépassait, elle me demanderait de voir ailleurs? Enfin n'empêche que je trouve effectivement ça très pratique (gratuit, accessible, anonyme), je suis contente d'en "profiter".

(après de là à savoir si ça va me servir...)
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Re: L'infantilisation en psychiatrie et l'arnaque des structures dites "ouvertes"

Message par Yahirm le Mer 1 Mai - 23:03

Bah, j'ai jamais fait de psychanalyse, donc je peux pas juger, mais je parlais surtout de la psychiatrie institutionnalisée, dans des établissements.
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Re: L'infantilisation en psychiatrie et l'arnaque des structures dites "ouvertes"

Message par Yahirm le Jeu 2 Mai - 11:05

Dans ma résidence, on nous a filé un livret d’accueil à l'arrivée. Dedans, j'ai trouvé la charte de l'usager en santé mentale (celle là est de 2000, s'il y en a une plus récente, je suis preneur). Et bien ils se torchent avec ! Je me suis amusé à surligner les préceptes de la charte qui ne correspondait pas à ma situation. Y a pas une page que je n'ai pas surligné.
Le passage qui me fait le plus rire (jaune) quand je le compare à la réalité, c'est celui qui commence comme ça : "Une personne qui participe activement aux décisions la concernant". je sais pas pour vous mais moi, tout m'as toujours été imposé, j'avais pas le choix et même si j'avais eu le choix, j'avais aucune information, donc pas de moyen de choisir.
J'ai eu un très gros conflit avec mon psy et avec mes infirmiers/éduc. J'ai pas été très malin, je leur ai dit frontalement (mais de manière polie, quand même, du moins au départ). Ils ont pas du tout aimé et le psy a fini par me menacer de me virer si je ne "changeais pas d'attitude". En fait d'attitude, je leur disais ce que je trouvais qui clochait dans leurs comportements et leurs règlements.
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Re: L'infantilisation en psychiatrie et l'arnaque des structures dites "ouvertes"

Message par LlamaTelas le Jeu 9 Mai - 14:53

La psychiatrie de manière générale c'est (encore) une discipline de merde.
J'ai une pote qui est sortie si amochée d'hôpital psy que sa grande sœur (étudiante en droit) veut traîner les hôpitaux psychiatriques en justice.
Et de manière générale tou·te·s mes potes qui sont passé·e·s par là m'ont raconté des choses affreuses.

Rien qu'en ouvrant un bouquin de psychiatrie ça fout la gerbe. Le DSM IV définit des pathologies de manière super arbitraire voire culturelle. Les manuels c'est de l'ordre de "un patient vous dit ça, ça et ça. Quelle est sa maladie, qu'est-ce qu'on lui donne comme médicaments ?"
Et pour m'intéresser un peu à la recherche en psychiatrie je peux vous dire qu'on n'y connaît vraiment pas grand chose. Les bipolaires (ex. maniaco-dépressifs) reçoivent toujours du lithium, médicament dont on sait pas grand chose du mode d'action, mais depuis le 19è siècle on n'a pas trouvé franchement mieux... La façon dont on traite les addictions c'est hyper moralisateur et pas du tout raisonnable et médical, etc.

J'espère très fort que de la recherche de bonne qualité va être faite en masse sur ces sujets, et que la situation va s'améliorer. Parce que scientifiquement on est vraiment super loin du compte là.
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Re: L'infantilisation en psychiatrie et l'arnaque des structures dites "ouvertes"

Message par dariamarx le Mar 21 Mai - 22:57

LlamaTelas, pour être bipolaire, coucou, je peux te dire que le lithium est de moins en moins utilisé, d'abord parce qu'il correspond finalement à peu de bipolaires, et qu'il attaque sérieusement les fonctions hépatiques. Il existe aujourd'hui d'autres associations de molécules qui fonctionnent très bien. Le lithium est donné en première intention, mais quand tu suis le parcours thérapeutique des bipolaires, il est rarement gardé à vie (et oui, nous prenons des médicaments à vie). Concernant les troubles bipolaires, la recherche avance, je te renvoie aux travaux du Professeur Gay par exemple, on a évolué d'une classification simpliste en maniaco dépression à 4 ou à 6 différents types de bipolarité selon les écoles. Bref. Tu n'as pas vraiment raison.

Concernant la psychiatrie de secteur, c'est la merde. On mélange les pathologies, les soignants sont débordés. Mais en attendant, ca permet à toute une classe de la population d'être mise à l'abris et/ou soignée gratuitement. C'est évidemment loin d'être le paradis. Mais ca fonctionne plutôt bien.

Quand à la psychiatrie "discipline de merde", OH LOL. Sans elle, je ne vis pas. Permets moi de continuer à la fréquenter encore quelques années, et d'en tirer un bénéfice non négligeable.

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Re: L'infantilisation en psychiatrie et l'arnaque des structures dites "ouvertes"

Message par LlamaTelas le Mer 22 Mai - 19:01

Au temps pour moi, je ne suis pas concerné directement et ne peux pas juger.

Je me suis super mal exprimé, en plus de ça. J'suis bien conscient que la psychiatrie est nécessaire et utile pour un tas de gen·te·s, j'aurais dû le dire. Et oui, la recherche avance, et c'est une excellente chose. Mais en comparaison avec les autres disciplines de la médecine, c'est quand même celle qui garde le plus de zones d'ombre.

Enfin, je compte moi-même devenir chercheur là dedans, si ça peut te convaincre que je crache pas sur tout ce qui se fait en psychiatrie.
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Re: L'infantilisation en psychiatrie et l'arnaque des structures dites "ouvertes"

Message par Ole Ferme l'oeil le Lun 18 Nov - 15:00

@ Yahirm: N'étant pas passé par les hôpitaux institutions et lieux similaires, je ne peux fournir aucun témoignage direct, cependant je suis en train de rechercher les textes d'Amanda Baggs sur son site principal et son tumblr, elle a écrit pas mal de fois sur l'institutionnalisation et le système psychiatrique (enfin aux Etats-Unis, mais j'ai l'impression que les dynamiques qu'elle dénonce peut nous aider à mettre en mots beaucoup de ce qui cloche dans le système psy et institutionnel en France)
Malheureusement ses textes étant en anglais, ils ne seront lisibles ici q'à ceux qui pratiquent correctement la langue de Shakespeare, il va donc falloir faire de la traduction en masse, mais je crois que ça en vaut vraiment la peine!

en attendant un ami que j'ai rencontré par ASPERANSA, a déjà traduit un extrait d'un de ses textes, qui me parait extrêmement relevant ici: http://8rainbow.blogspot.ch/2010/05/un-avant-poste-dans-nos-tetes-extrait.html

Voici le texte:

Un avant-poste dans nos têtes ( extrait)

source.

C'est dur de combattre un ennemi qui a ses avant-poste dans nos têtes — Sally Kempton.

" (...) Il est plus facile d'écrire à propos des marques que les médicaments et les électrochocs laissent sur le cerveau ou à propos de celles que les instruments de contention et les coups laissent sur le corps, plutôt que d'écrire à propos des marques de l'environnement institutionnel et des marques que le contrôle psychothérapeutique laisse sur l'esprit. Les premiers sont solides et quantifiables ; les autres sont insaisissable, sans substance, et parfois plus terrifiants et plus durables.

Je fais un cauchemar récurent. Je suis dans un immeuble magnifique, dans une ambiance feutrée et badine. Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours été là. Tout ce dont je pourrai avoir besoin est là. Il n'y a pas de cadenas sur les portes. Des gens me suivent partout ; mais juste hors de ma vue, afin de me donner une illusion de liberté. Ils veulent le meilleur pour moi. Je peux sortir et allé jouer dans les bois, et je grimpe aux arbres. Et ils me traitent comme une enfant. Tout est parfaitement contrôlé. Rien ne semble mauvais, mais rien ne semble vraiment bien, non plus. Tout le monde est doux et très gentil et très indulgent, mais il n'y a pas de liberté. Nulle part. Cela fait de l'apparent bonheur de cet endroit une chose vide, superficielle, et fausse. Cela, pour moi, c'est l'essence des horreurs intangibles dont j'ai peur. C'est seulement quand je me réveille de ce cauchemar que je réalise que c'est un cauchemar, et c'est ce qui le rend encore plus effrayant.

Les aspects les moins tangibles de l'institutionalisation me sont revenus en force la semaine dernière. Pendant une période de flashback, la mauvaise personne a vu que j'étais en train d'avoir des problèmes. J'ai passé la nuit et une partie de la journée suivante dans un service psy, avant même que je ne puisse, en même temps que mon équipe, les convaincre que j'étais mieux dehors. Si je n'étais pas dans le système des services de développement, j'aurais pu resté là, mais les services psy n'aiment pas avoir à affaire aux personnes avec des handicaps du développement. Toutes les horreurs réelles, mais inquantifiables, me sont revenus en force, même pendant ce court séjour, et elles doivent être documenté sûrement autant que les horreurs quantifiables.

J'aurais aimé être celle qui les documente complètement. J'ai essayé, mais à chaque fois que je m'y mets, les mots glissent hors de mon esprit et je me remplit d'un effroi inquiet et de l'odeur de cet endroit. J'ai essayé autant que je pouvais — ici et ailleurs — sous forme de liste :

- Contrôle.

- Infantilisation.

- Surveillance permanente.

- Peur du personnel soignant à cause de ce qu'ils peuvent faire, et peur des autres internés à cause du personnel soignant.

- Odeurs.

- Hurlements.

- Mendier pour des choses basiques et pour des " privilèges" qui, à l'extérieur, sont vus comme des droits.

- Rechercher impatiemment de minuscules choses pour sortir d'une monotonie dont il est impossible de sortir.

- Voir tout ce que l'on fait dit et pense être transformé en terme psychiatrique ( " Non, non, je suis pas angoissée de ne pas avoir mes médicaments, je sais juste que prendre du retard avec ça me donne des migraines, et je ne connais personne qui aime les migraines ").

- Être séparé de tout et de tous ceux qui vous sont familiers.

- Ne pas autoriser ma propre équipe, militants et interprète cognitif ( auquel j'ai droit , aussi certainement qu'un interprète du langage des signes pour un sourd-muet, selon l'Acte des Américains Handicapés), et les voir se battre pour rentrer en dehors des heures de visites.

- Avoir des gens qui contrôlent où, quand, si et comment je peux parler avec des gens proches et des militants/défenseurs [advocates en anglais, ndt]

- Désapprobation de la camaraderie entre internés ou entre internés et équipe soignante.

- Catch-22 sur les émotions exposée— toutes les émotions exposée ont un label psychiatrique correspondant, mais le manque d'émotions exposé est considéré comme un signe de dépression.

- Que l'on vous dise ce que vous êtes " réellement" en train de penser et de ressentir, opposé à ce que vous êtes en train de penser et de ressentir.

- Voir ses motivations constamment interrogées et examinées minutieusement.

- Langage inversé : " s'impliquer dans le programme " est un " bon pas en avant vers l'indépendance " mais prendre vos propres décisions est " désobéissant" , " manipulateur " ou " cherchant à attirer l'attention".

- Dans ce cas précis, une certaine incapacité de l'équipe soignante à saisir que j'avais été vraiment maltraitée durant de précédents internements et que je ne faisait pas juste penser que je l'avait été, (quand on me l'a demandé, j'ai raconté des expériences d'horreur proches de la mort ; je savais qu'ils ne comprendraient pas les subtilités), et que cela était principalement perpétré par l'équipe soignante et non par les autres internés.

- Suppositions de la part du personnel soignant que si des maltraitances ont été commise contre moi au sein du système psychiatrique, alors, c'était de ma faute, et de poser des questions sur ce j'avais fait pour les provoquer.

- Bavardage condescendant de l'équipe soignante qui pensent être sympa mais qui deviennent soudainement ronchon si vous montrez le moindre signe de ne pas apprécier cette conversation.

- Essayer fort de ne pas se faire remarquer, jamais.

- Savoir que si je reste ou si je part dépend du désir des autres ainsi que d'autres facteurs arbitraires, et que de faux rapports peuvent être facilement écrits et justifiés.

- Savoir que les clefs de ma maison et mon porte-feuille sont dans un casier dans le bureaux des infirmières.

- Peur de penser par soi-même ou de ressentir ses propres sensations, et un questionnement constant pour savoir s'ils sont réels ou bien illusions.

- Peur de dire ce que l'on pense— et parfois être grondé— comme un enfant ingrat.

- S'entendre dire sur un ton paternaliste, ô combien vos actions et vos pensées sont importantes, comme si vous n'étiez pas au courant de ce fait.

- Savoir — d'expérience — que si je reste trop longtemps ici , je devrais soit tuer tout désir de liberté ; soit devenir folle furieuse, violente et auto-destructrice et risquer de mourir ou d'être gardé encore plus longtemps.

- Savoir que le monde entier tolère toujours cela, soit en appelant ça " traitement" et " nécessaire ", soit en y pensant tout simplement pas.

- Contrôle.

- Contrôle.

- Contrôle.

Copyright © A M Baggs, 2003


Publié par Gwyneth Bison à 12:19
et voici où trouver le texte original d'Amanda Baggs:
https://ballastexistenz.wordpress.com/2006/12/06/outposts-in-our-heads/
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Re: L'infantilisation en psychiatrie et l'arnaque des structures dites "ouvertes"

Message par Shun le Jeu 19 Mar - 21:27

J'ai été hospitalisé 96 heures en tout le mois dernier, du coup c'est encore tout frais dans ma tête.
Pour ma part, j'ai assez bien vécu les premières 72H car c'était dans un centre d'hospitalisation d'urgence où on ne pouvait de toute façon pas rester plus de 72H. Il y avait beaucoup de soignant-e-s et peu de patient-e-s. (Un ratio de quasiment 1 soignant-e pour 2 ou 3 patient-e-s)
Les repas pouvaient être pris dans les chambres pour les gens qui ne souhaitaient pas les prendre collectivement. Autrement, on nous laissait tranquille la plupart du temps, et comme je venais de reprendre mon traitement, je passais juste mes journées à dormir, ce qui m'allait très bien. J'ai eu l'impression de faire une "pause" de la vie quotidienne et ça m'a fait un bien fou. ( Laughing )

À la suite de ces 72H, ma psychiatre m'a par contre proposé une hospitalisation (libre) dans un service plus... "traditionnel". Et là : l'horreur. Privations de libertés, privation d'objets personnels, des soignant-e-s autoritaires et ignobles, infantilisants, insultants, qui se moquent des patient-e-s en face d'ell/eux... Et puis, réveil forcé tous les matins à 8H, socialisation forcée car chambres fermées pendant la journée, repas dégueulasses....
J'ai demandé à partir dès le lendemain, contre l'avis de ma psy... Tout cela m'a rappelé mes premiers déboires avec la psychiatrie, lorsque mon ex-petite amie avait été hospitalisée d'hospice (par décision du préfet donc) et qu'on avait dû faire des pieds et des mains pour l'en sortir.

dariamarx a écrit:LlamaTelas, pour être bipolaire, coucou, je peux te dire que le lithium est de moins en moins utilisé, d'abord parce qu'il correspond finalement à peu de bipolaires, et qu'il attaque sérieusement les fonctions hépatiques. Il existe aujourd'hui d'autres associations de molécules qui fonctionnent très bien. Le lithium est donné en première intention, mais quand tu suis le parcours thérapeutique des bipolaires, il est rarement gardé à vie (et oui, nous prenons des médicaments à vie). Concernant les troubles bipolaires, la recherche avance, je te renvoie aux travaux du Professeur Gay par exemple, on a évolué d'une classification simpliste en maniaco dépression à 4 ou à 6 différents types de bipolarité selon les écoles. Bref. Tu n'as pas vraiment raison.

Concernant la psychiatrie de secteur, c'est la merde. On mélange les pathologies, les soignants sont débordés. Mais en attendant, ca permet à toute une classe de la population d'être mise à l'abris et/ou soignée gratuitement. C'est évidemment loin d'être le paradis. Mais ca fonctionne plutôt bien.

Quand à la psychiatrie "discipline de merde", OH LOL. Sans elle, je ne vis pas. Permets moi de continuer à la fréquenter encore quelques années, et d'en tirer un bénéfice non négligeable.
Moi aussi la psychiatrie me permet de tenir en ce moment, mais je considère quand même que c'est de la merde. Je prends mes comprimés parce que c'est plus simple que tout ce j'ai envisagé d'autre. En contrepartie, la moindre de mes émotions, le moindre de mes changements vestimentaires, de régime alimentaire ou autre est pathologisé, je dois mentir à ma psy pour conserver le privilège de ne pas me faire hospitaliser sous contrainte, je suis en train de prendre 20 kgs (oui je sais, je devrais pas me préoccuper de ça grossophobie blabla mais ayant un passé de gros, ben j'y peux rien, ça m'emmerde) et de développer des accoutumances que je vais passer des mois à sevrer.
Ma psy m'a dit que je devrais prendre mes médocs à vie, je refuse de la croire. Je veux bien croire par contre que ça soit le cas pour d'autres, que ce soit un choix ou une contrainte. Mais je ne trouve pas ça raisonnable de dire à quelqu'un_e qu'ille devra prendre des médocs à vie juste parce qu'il ou elle correspond à 3 critères sur 5 du DSM ou de l'ICD.

Alors la psychiatrie, ça fonctionne, oui, comme le capitalisme fonctionne. Mais bien ? Je ne crois pas.
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