Fantômes et visiteur⋅ses - pour en discuter sans psychiatrisation

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Fantômes et visiteur⋅ses - pour en discuter sans psychiatrisation

Message par Biaise le Jeu 12 Mar - 13:43

Certaines personnes, dont moi, fréquentent un ou plusieurs fantômes, esprits, visiteur⋅ses…

Je souhaite sur sur ce sujet, nous échangions à leur propos. Et ce sans chercher à chercher un prétexte psychiatrique à ces apparitions.

Le but étant de les accepter, de vivre en harmonie avec elleux, d’établir une harmonie sans utiliser des anti-psychotiques aux effets secondaires dévastateurs pour cela.

Je vous laisse commencer puis je vous parlerai des esprits qui me visitent. Smile

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Re: Fantômes et visiteur⋅ses - pour en discuter sans psychiatrisation

Message par Spangle le Ven 13 Mar - 0:22

Ce fantôme était celui de moi, à un moment précis de ma vie. Depuis seize ans, elle était restée dans cette pièce du sous-sol de l'hôpital, seule avec la souffrance et la terreur de ce moment. Elle faisait de brèves apparitions mais je parvenais à la chasser rapidement. Je déglutissais, je me concentrais sur n'importe quoi d'autre, et ça passait.

Cet automne j'ai décidé (enfin, plus ou moins décidé...) de rouvrir tous les vieux dossiers que je me trimbale comme des casseroles. Tous, c'était bien ambitieux. Là je viens d'arrêter le yoga parce que ça va trop vite. Peu après cette décision, quand je commençais à prêter l'oreille à ces souvenirs et à écouter ce que mon corps avait à me dire, je suis passé' à côté de cet hôpital avec un ami. Il avait fermé depuis peu, et on a décidé d'aller voir si il y avait quelque chose à ouvrir ou à récupérer.

Je me suis senti' de plus en plus mal à l'aise, et puis soudain je me suis dirigé' vers l'endroit comme si quelque chose m'attirait là-bas, alors que je savais très bien que c'était une mauvaise idée. C'était fermé bien sûr mais j'étais juste à côté, c'était les mêmes murs, c'était... là. Plein d'images sont revenues, et la souffrance aussi. Assez vite j'ai eu envie de déguerpir. J'ai pris la direction de la sortie, et comme mon ami ne sait pas du tout gérer ça, j'ai fait de mon mieux pour rester en état de rentrer et ça s'est arrêté là.

Ensuite des images sont venues me hanter, beaucoup plus qu'avant. Je suis tombé' sur un site dédié à la dénonciation de la violence médicale, et j'ai écrit un long témoignage, qui ne m'a fait ni bien ni mal. Des images sont revenues, des détails, des zones floues aussi où ça m'embêtait de ne plus me rappeler d'un détail. J'ai commencé à me demander ce que j'allais faire avec ça.

*

Il y a trois jours, je bavardais avec un copain et quand il a commencé à parler de couloirs d'hôpital, j'ai senti que ça allait mal se passer. Je l'ai laissé finir, si je l'avais interrompu ça aurait pas forcément été mieux. Quand ça arrive je me sens obligé' d'expliquer et même si ça ne trouve pas mes mots, ça remonte et au final je n'ai rien évité. Alors je l'ai laissé parler, mais après j'ai commencé à pleurer, et à me sentir très mal.

J'ai senti que j'avais un trou dans mon corps, sur le côté de mon ventre, gros au moins comme deux poings. Et le reste de mon ventre n'était presque plus réel, il s'effritait. J'avais mes jambes et le haut de mon corps mais rien entre. Je voulais que tout le reste aussi soit dissout et en même temps j'essayais aussi de redevenir entier'. Je voyais des bouts de moi s'envoler, d'abord en mode "mon corps vole en morceaux comme un miroir", mais au ralenti, ensuite c'était des bouts qui ne laissaient pas de trou, ça faisait comme de grosses gouttes noires qui montaient et qui s'éloignaient de plus en plus vite dans le cosmos.

Mon ami ne savait pas trop quoi faire, il m'a laissé du temps et puis il a commencé à parler et à changer de sujet pour que je pense à autre chose, ça marchait un peu mais ça revenait. Et surtout je ne voulais pas passer à autre chose, ça avait commencé alors il fallait que ça vienne. Je la voyais, prisonnière de cet endroit et de ce moment. Grande première, ces images me parlaient d'elle et non de moi. Avant ça, je me voyais, de l'extérieur mais c'était moi. Et là j'ai pensé "elle".

*

J'étais dans la salle avec elle et j'ai commencé à discuter avec elle, enfin pas avec des mots. Il y avait sa volonté que je reste, et cette volonté est devenue une lamproie. Elle, elle était toujours une toute petite chose perdue dans cette grande salle, perdue dans ce moment, et en même temps elle s'est transformée en une sorte de monstre, avec son visage au bout d'une grande ombre, avec des dents comme une lamproie pour s'accrocher à moi.

À un moment j'ai senti mon sexe qui était juste en culotte alors que j'étais en pull, c'est comme si j'étais à une consultation de gynéco et il faut enlever le bas comme ils disent, et même si j'étais sous la couverture je me sentais pas protégé'. J'ai vite remis mon pantalon, mais après je voyais mon sexe qui était un énorme trou vers rien, dedans et aussi vers rien dehors, les deux riens reliés par un sorte de tentacule transparent, et autour il y avait que mon sexe et le cosmos.

Là j'ai un peu perdu le fil, il y avait les images et elle et mon corps et la lamproie, et il y avait ici et là-bas et le cosmos, je hurlais et tout ça.

Après j'étais plus calme, j'avais les yeux fermés et je me déplaçais dans le souvenir, je cherchais un endroit où ça allait redevenir fort mais ça marchait pas parce que mon copain était là et il me touchait, du coup je restais dans cette réalité. La lamproie ne cherchait pas à me faire mal, juste à rester accrochée à moi. Elle avait ses dents plantées dans mon côté, là où j'avais ce trou, et en même temps elle était toujours à deux doigts de planter ses dents, elle s'approchait avec sa volonté pour me prendre et m'emmener à travers le temps pour que je sois auprès d'elle, parce que quand elle est lamproie c'est pour que je sois à côté de celle qui est retenue sur cette table.

[Je parle de comment fonctionnent la lamproie et elle au présent parce que c'était un moment qui n'avait pas de temps, c'est comme si la lamproie et tout le reste de la situation avait toujours été là. Et aussi parce que dès que la lamproie a existé, elle s'est mise à faire partie des reviviscences que j'avais vécues dans le passé, où c'était déjà elle qui m'attirait là-bas.]

Et moi je voulais m'en aller mais je ne voulais pas la laisser, je me suis senti' super égoïste parce qu'elle n'avait que moi, mais je ne pouvais rien faire pour elle et je n'en pouvais plus. Alors j'ai dit à la lamproie qu'il fallait qu'elle arrête de me retenir pour le moment, qu'elle pouvait rester là dans mes côtes et revenir me chercher plus tard, et elle a fait comme ça. Après il n'y avait plus de trou, et c'était chaud mais ça ne brulait plus.

*

Hier j'ai dit un peu ce qui m'arrivait à mon autre amant, et le soir il m'a écrit qu'il avait été au soleil, qu'il avait pensé à moi et qu'il avait souhaité faire des provisions de soleil pour me les offrir, à moi et à "mes éventuels visiteurs". J'ai pris ce soleil et je l'ai apporté dans la salle. Elle a été étonnée une seconde, et puis elle a compris ce qu'elle pouvait faire, elle a pris l'énergie du soleil et elle a changé son histoire. Moi je ne savais pas du tout qu'elle allait faire ça. Je lui apportais ce soleil en espérant la soulager un peu, mais je pensais que ça allait prendre encore beaucoup de temps pour arriver à la libérer.

Je l'ai regardée faire, c'était magique. Elle est descendue de la table d'examen, alors qu'avant elle était clouée dessus. Elle a engueulé le docteur, qui tout d'un coup n'en menait pas large, face à elle qui rayonnait de force et vibrait de colère, et puis elle est partie. Elle a récupéré ses vêtements, elle est remontée à la surface et elle est sortie de l’hôpital. Un peu plus loin dans la rue elle est devenue immatérielle, elle est partie de notre monde. La lamproie est partie aussi, elle ne m'a rien dit mais je savais qu'elle partait parce que sa mission était remplie, et qu'elle était contente.

Voilà ! Une histoire qui se termine bien...

Mon histoire à moi c'est toujours celle où tout ça arrive, mais le fantôme est parti et donc la souffrance qu'elle portait. Enfin j'espère, je crois que c'est vraiment fini. Pour mes autres traumas je ne sais pas encore comment ça va se passer mais je suis optimiste.

Sinon j'ai d'autres sortes de fantômes, j'en parlerai une autre fois.
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